Intipa wawan 'Les Enfants du Soleil'
 

 

 














Bonjour à vous chers amis,

De retour d'un voyage à Cusco pour y acheter l'artisanat régional bien distinct à chaque région, nous allons vous faire participer à la vie du village qui nous enchante chaque jour un peu plus..

Depuis un mois, sous la coupe de Lucho le danseur (40 ans), les jeunes du village (dont la plus jeune a 8 ans) s'entraînent tous les soirs au waylas (comprendre danse rapide par rapport au waynodanse plus lente et plus accessible pour nous occidentaux bien que Clarita excelle dans ce premier domaine) qui ressemblerait peut-être un peu à des claquettes sous certains angles. Le concours est régional, la semaine dernière, ACOPALCA a terminé deuxième au concours de PUCARA et troisième à SAPALLANGA. C'est qu'ils en veulent les jeunes du village !

Au clair de lune, à la lueur du seul réverbère éclairant le terrain de basket par un petit 3°, les 8 couples volent au son de la musique entraînante du vieux transistor à piles, les femmes, dans leur vêtement de tous les jours, tiennent leur jupe à la main et les hommes font tourbillonner leur mouchoirs dans la main droite. Une partie du village est venue soutenir ses jeunes plein d'allant et voir perdurer les coutumes ancestrales, mais le plus époustouflant sont bien les petits bouts de 3 ou 4 ans qui virevoltent comme leurs parents passant de la station accroupie à la station debout en 2 temps 3 mouvements.
Je trouve les Andins aériens dans tous leurs efforts, que ce soit à sauter sur leur cheval ou à courir dans la ruelle pour attraper la seule voiture qui klaxonne à tout vent pour signaler son prochain départ; on dirait qu'ils ne peinent pas à 3650 mètres d'altitude mais que des ailes leur sont poussées.
Sûr, lla densité n'est pas le même.

Dimanche prochain nouveau concours à AHUAC, cette fois nous serons au rendez-vous.

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le lendemain

D'AHUAC, nous revenons le cœur rempli d'allégresse, OUI ACOPALCA A REMPORTE LE PREMIER PRIX de la coupe du waylas antique.
35 groupes sont restés en lice du premier éliminatoire d'hier samedi. Il s'agit pour chaque groupe de danser
10 minutes non stop leur danse endiablée sur toujours la même musique des 16 musiciens et sur une scène de 40 m². Tous les villages autour de HUANCAYO sont en compétition et rivalisent d'allégresse et d'ingéniosité dans la chorégraphie.
Le waylas moderne : les groupes sont souvent composés de 25 personnes et les chorégraphies sont sensiblement toujours les mêmes. Chacun a revêtu ses plus beaux habits brodés souvent en lettres dorés (jupe, boléro pour les hommes de satin brodé et chapeau de la région obligatoire pour tous).
Chaque équipe, rivalisant de couleur, possède sa jolie banderole en lettres dorées cousues.

Un chapeau qui tombe, c'est un point en moins; tout se juge, on peut comparer ce concours au patinage artistique : l'harmonie, la chorégraphie, la tenue vestimentaire tout compte.

ACOPALCA : les hommes avaient un petit gilet beige en peau retourné de mouton sur un pull tricoté en laine de mouton de la même couleur, une ceinture faite de corde avec un petite poupée de toile de jute bourrée de laine enfilé dans la ceinture et qui était située dans le dos, un peu de laine brute de mouton sur le chapeau noir et autour du cou, les pantalons noirs relevés au-dessous du genou, pieds nus.
Les femmes pieds nus, une jupe en toile de jute rose bordée d'un bleu nuit, un jupon dans les tons rose clair en grosse toile, un manchon bleu marine sur chaque bras, une cape pas uniforme du tout, un peu de laine sur le chapeau et hop…

Rustique aussi la pancarte en toile de jute toute fripée, on n'y voit à peine les lettres du village.

Un peu de caña (eau de vie de canne à sucre) pour les plus grands et ACOPALCA, en 19ème position, monte sur scène sous les commentaires de l'agitateur public qui annonce, fier dans le ton, "les communeros des hauteurs de HUAYTAPALLANA", c'est comme si on les attendait ces Acopalquiniens… c'est qu'ACOPALCA a déjà remporté le premier prix les 2 dernières années à AHUAC.

Le festival commence, C'est que ça ne ressemble en rien à ce qu'ont pu faire les autres groupes dans la tradition. Pendant les 10 minutes, les comuneros d'ACOPALCA sautent toujours plus haut, réajustant le chapeau de temps en temps dans une chorégraphie époustouflante, mais où trouvent-ils donc toute cette énergie ?
Lucho est le plus gracieux et élégant de tous, Ecson jette ses bras dans tous les sens, je le crois désarticulé, Nelisa la petite aux pommettes rouges donne tout ce qu'elle a. Quant à Wilmer que je n'avais jamais vu aux répétitions, il me subjugue (c'est le jeune qui gagne tous les marathons des 10 kms à monter le petit routin de VILCACOTO – ACOPALCA chaque année et qui monte le plus vite de tous sur le sommet de la montagne au départ de chez nous lors du concours de la fête du 28 juillet, pourtant il en vient des bons des villages voisins et de HUANCAYO). La sueur dégouline sur les visages impassibles pour les uns, souriants pour les autres.
Dix minutes de ballet aérien à en couper le souffle !

La musique s'arrête, ils redescendent de scène tout en sueur, le visage sérieux attendant le verdict des juges sous les applaudissements du public.

36 points - HOURRA aucun groupe n'a encore atteint ce score mais il en reste tellement d'autres. Tout est chronométré, 10 minutes pour chaque groupe, une minute pour l'attente du score, le groupe suivant se préparant à l'annonce pour monter sur scène. Nous sommes sur les lieux depuis 16h30 et tout se clôturera aux environs de 23 heures. Nous sommes assis en plein air avec la fraîcheur qui s'installe sur le tard. C'est un peu comme une kermesse avec tous les ingrédients, stands de nourriture en tout genre, les vendeurs de sucettes, de glaces etc…

ACOPALCA est content, le peu d'Acopalquiniens (dont nous faisons partie) venus soutenir le village a le sourire sur les lèvres. Clarita n'arrête pas de prendre des photos. Hélas, son appareil n'a pas donné de bonnes photos lors de leur prestation mais nous nous rattraperons car samedi prochain c'est la grande fête au village pour le 15ème anniversaire d'ACOPALCA (le village fonctionne avec un président de communauté, avant c'était une coopérative sous la coupelle de 2 riches Péruviens).

Aujourd'hui lundi, les danseurs fêtent leur victoire au village et Lucho, entre 2 larmes, nous remercie sincèrement d'être venues les soutenir. Je crois aussi que pour nous ce sera un moment inoubliable pour tout le bonheur qu'ils nous ont donné de danser comme des dieux.

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Information pour la rentrée des classes, nous avons distribué par l'intermédiaire du président de la communauté tous les crayons billes, bois, couleurs, taille-crayons et gommes que nous avions en notre possession et rapportés par tous les Français de passage.
Il y en avait pour les 109 élèves du primaire des 3 quartiers du haut et les 50 élèves du quartier bas de Chamiseria.

Merci aux généreux donateurs qui à travers nous font vivre ce village.

Amicalement
Clarita y Genoveva

 
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