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Chers amis bonjour,
De
retour sur le sol péruvien depuis une quinzaine, je me suis
sentie tout de suite en terre connue, rien à voir avec mes
voyages précédents qui me provoquaient un choc de
culture .
Lima, sale, bruyante - Huancayo bruyante et polluée - Acopalca
paisible et agréable.
Claire, la vice-présidente revenue m'accompagner pour 8 mois
m'est d'une aide très précieuse.
Je fus bien accueillie. Depuis 19 mois que je suis en place, je
mesure le travail effectué. Les gens sont cordiaux à
mon égard, toujours quelques mines réfractaires, mais
rien de comparable à celles de mon arrivée sur place.
Le président Humberto n'a pas ménagé
sa peine depuis mon séjour en France. Il y a actuellement
deux équipes de 24 comuneros qui travaillent pour Acopalca
en étant rémunéré par l'Etat.
• Une équipe fonctionne depuis le 1er septembre pour
faire une pépinière d'arbres
(eucalyptus, aulne et quinual) dans le haut du village.
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L'autre équipe travaille à la reforestation
du village depuis le 1er octobre et pour 3 mois
(11.500 arbres : pin et quinual). Le dossier reforestation
que nous avions rédigé avec l'ingénieur
forestal d'Intipa Wawan Peru a séduit les autorités
de Huancayo.
Je peux vous dire qu'on en est très fière. Les
comuneros sont payés par l'Etat. Par contre, il faut
acheter les plantations à 0,20 soles. Pour l'instant,
la communauté en a acheté 3000. L'Etat pour
la semaine de la reforestation a apporté 1000 plants
gratuits et Intipa Wawan va offrir 4000 plants également.
Il manque le reste…
Le fonctionnement est bizarre, les comuneros sont payés
pour 3 mois, par contre à la communauté de se
débrouiller pour acheter les plants. |
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Le projet pour la reconstruction de l'école
maternelle : le dossier a été
présenté au gouvernement régional, puis
à la municipalité de Huancayo (450 000 habitants).
Seule la municipalité de Huancayo donne 2000 euros.
Intipa Wawan donne la même somme par le biais de l'association
vendéenne "Expressions-Partage", mais il
nous manque le reste… soit quelques 15.000 euros…
• La bibliothèque :
le plan des livres n'a pas fonctionné (chaque élève
apportait un livre – 500 élèves), le collège
privé de Huancayo qui devait faire son voyage de fin
d'année au village pendant mon séjour en France
a changé de village au dernier moment : plan péruvien.
Il nous faut voir une autre solution. |
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La maison qui abrite la turbine hydroélectrique
est presque terminée. Elle a été entièrement
financée par l'association Intipa Wawan, la main d'œuvre
étant fournie gratuitement par des "faenas"
(travail obligatoire non rémunéré des
comuneros).
Mais depuis 10 jours, il n'y a plus d'électricité
au village : la courroie qui fait tourner la machine s'est
rompue (depuis 20 ans), nous avons donné l'argent pour
la changer, elle viendra de Lima en fin de semaine prochaine.
Cela fait 3 œuvres qu'ils font bénévolement
: le poste de santé, la cantine
et la maison de la turbine. Chaque
faena les empêche d'aller travailler à la "chacra"
(au champ), actuellement c'est le coup de bourre pour aller
semer "la papa" (la patate) seule source de revenus
pour les villageois avec l'élevage du bétail. |
Leur satisfaction, c'est faire la fête. Ils attendent l'inauguration
avec impatience qui est programmé pour le 20
novembre. Nous allons donc contracter avec un bon
orchestre de Huancayo de 14 musiciens Vous avez compris, la qualité
de l'orchestre varie avec le nombre de musiciens
Il
y a une quinzaine, un référendum
a eu lieu pour mettre en place les régions par groupes de
3 pour les 24 départements existants. Les gens du village
furent très mal informés, aucune propagande n'a franchi
l'entrée du village, ce qui fait qu'ils ne savaient pas quoi
voter.
Le NON l'a emporté dans tous les départements; gros
échec pour le gouvernement en place.
Vote démocratique
: le vote est obligatoire sinon il y a une forte amende (slogan
qui est repassé souvent à la radio avant l'élection),
sauf pour les plus de 60 ans qui en sont dispensés Le vote
se fait dans la ville ou le village où ils sont immatriculés.
Nous avons déjà trouvé 2 familles qui seront
sujettes à l'amende (une mama qui a perdu sa carte d'identité,
une autre ne s'est pas déplacée car le prix du transport
augmente considérablement lors d'événement
exceptionnel et l'amende correspondait au frais du transport).
Le 1er novembre
fut marqué par la venue de toutes les membres de la famille
qui travaillent à des heures du village, à Lima ou
ailleurs. Beaucoup de monde au village, c'est la seule fois dans
l'année où je vois le village vivre, gai et dynamique
: il y eut un tournoi de football toute la journée formée
par les enfants du pays - de visage inconnus - . Vraiment une belle
journée comme j'aimerais en voir plus souvent. Mais il n'y
a pas de travail au village.
Avec Claire nous avions décidé d'exister (car nous
sommes très effacées, essayant de faire en sorte d'être
seulement spectateurs de façon que quand l'association se
retirera, ils ne s'en aperçoivent pas trop), nous avons fait
2 thermos de café et de thé, ne faisant concurrence
à personne à côté des stands de vente
de repas de poulet et de mouton.
Petit succès; les gens du village qui sortaient du cimetière
nous regardaient, regardaient les tasses et les thermos par terre,
souriaient et passaient leur chemin. 4 cafés vendus, aucun
thé. Notre "café" est "cargado"
(chargé) et ceux qu'ils l'avaient déjà goûté
le connaissaient et reconnaissent la qualité de préparation
du café péruvien par les Français.
Ah j'oubliais, nous le vendions – pas cher 0,50 centimes de
soles, soit 0,12 euro – mais comme ils sont habitués
à ce qu'on leur donne tout (vêtements venus de France,
médicaments, graines), la surprise fut de taille.
Nous naviguons entre 2 eaux : être là pour les aider
à reconstruire leur village avec l'argent de l'association
et les appuyer en faisant des projets à présenter
aux autorités du district de Huancayo (conseil régional
et municipalité), mais aussi en leur montrant que l'association
innove et participe à la vie du village.
Avant
hier, un camion passant dans la seule ruelle du village a failli
emporter notre toit. Après un bruit d'enfer, nous sommes
sorties pour voir une dixaine de tuiles par terre et voir le camion
continué sa route pour sortir du village, celui-ci ne s'est
rendu compte de rien. Un voisin est monté sur le toit pour
remettre les tuiles manquantes, mais la structure est déviée
et le toit n'a plus la même allure. Alors déjà
qu'on a des fuites dans la maison !!
Fujimori
et son arrivée fracassante en pays ennemi : tout le monde
en parle dans Huancayo, mais 4 jours plus tard au village, personne
n'est encore au courant.
Ceci
est un cours résumé de nos journées bien remplies.
A suivre, la tonte des alpagas…
Claire
et Geneviève
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