Chers
amis bonjour,
Nous
voici revenues aujourd’hui de Huancayo
à la nuit avec Chantal en taxi avec divers matériels.
Avec Chantal je suis plus hardie, je me souviens qu’à
son premier voyage en octobre 2004, déjà nous étions
montées au warning sur cette route cabossée de Huancayo.
Aujourd’hui, seul le Jésus sur le tableau de bord
s’allumait dans son cadre doré à chaque coup
de frein.
La fête d’inauguration : à
nous faire blanchir les cheveux. Deux jours avant le plancher
n’était pas posé (ce fut fait de nuit), les
fenêtres pas comprises dans le contrat du menuisier donc
pas faites. Il restait à poser les éléments
de salle d’eau le dernier jour.
Les
photos ci-dessous ont été prises une heure avant
l'inauguration
Le
matin de l’inauguration, à 3 heures du matin, haut
parleur pour appeler des éléments de la "junta
directiva". A 6 heures debout, le maestro Jésus
attendait de l'aide pour le nettoyage intérieur et extérieur.
Le nettoyage dis-je ? Plutôt le déblayage au bulldozer.
Dans la bouillasse il restait de grands bidons, des bois de toutes
sortes et grandeurs, des sacs de ciment vides trempés par
la pluie des 2 derniers jours. Chantal et moi avons fait un chemin
de briques pour accéder à l’école sans
s’en mettre jusqu’aux chevilles.
Après 3 appels au micro, 3 mamas seulement sont venues
aider !
Les
5 moutons à cuire achetés par l’association,
les 15 kg de charbon et les 100 kg de patates n’étaient
toujours pas arrivés à 9h30, Humberto récemment
arrivé commençait à être très
préoccupé.
Jean
était alternativement sur son lit et sur le chantier (très
affecté par le mal d’altitude : le sorroche). Que
cette journée fut riche en émotions pour lui, il
a retrouvé ses 8 filleuls du quartier bas de Chemiseria
(à 8 kms du village) qui sont montés par surprise
les bras chargés de cadeaux pour ce parrain venu du bout
du monde et qui leur a acheté l’uniforme nécessaire
à la nouvelle école à Huancayo.
Jean partait le soir même pour d’autres horizons.
Course
de chevaux : les morochucos d’Acopalca.
Nous n’avons pas eu le temps de voir la course, occupées
que nous étions avec Clarita à mettre le ruban aux
couleurs du Pérou à chaque médaille destinée
aux 18 comuneros qui ont travaillé sur le chantier de l’école.
Puis on est venu nous avertir que le maire de Huancayo
était arrivé.
Le maire et sa clique, puis le responsable de «A.
Trabajar Urbano», Gina et son superviseur,
Marisol la doctora.
Grands absents, le directeur régional de l’éducation
nationale, la responsable des écoles maternelles du département
et Monseigneur.
Le président du gouvernement régional n’avait
pas été invité par Bébert parce que
c’est le copadre (copapa) de la
senora Marta qui était dans l’équipe opposée
à celle d’Humberto lors des élections municipales
(grosse erreur de calcul à mon avis, difficile d’aller
chercher des subventions à la région maintenant).
Les
danses folkloriques se sont succédé entre les discours
nombreux de chaque participant et les danses folkloriques des
enfants de quelques sections, une surprise des instituteurs qui
nous ont fait un superbe ballet. Des récompenses pour tous,
assiette à destination de la marraine Chantal, Jean, Claire
« Blandinow » et un mouton pour IntipaWawan par les
danseurs de Milhuay Shahuay pour avoir
fait faire la cape des 8 danseuses et pour avoir participé
à leur voyage de Lima (mail a suivre) afin d’y représenter
la danse waylas antique. De notre part,
médailles pour les 18 comuneros et assiette argentée
pour les 2 maestros et Orlando casque blanc.
Ensuite
nous sommes tous descendus vers l’école afin d’y
rompre les pots de chicha et de révéler les plaques
d’inauguration. Chantal a rompu un pot, le chef de Trabajar
Urbano et le maire le troisième pot. Claire
est montée à l’échelle à un
bout du pignon, un représentant de la mairie à l’autre
échelle pour y découvrir le nom de l’école
d’Etat. Puis ce fut au tour des jeux extérieurs infantiles,
le ruban fut coupé par le maire.
Chantal, présidente de l'association Expressions-Partage
et marraine de l'école, a fait un petit discours que personne
n’a écouté, puis nous sommes remontés
en haut du village toujours en dansant pour découvrir la
plaque de l’eau potable (Intipa Wawan
a participé pour 3750 euros et les comuneros ont donné
leur énergie sous forme de faenas).
L’orchestre
jouait toujours le même air. Nous avons mangé la
pachamanca en compagnie du maire, la jeune institutrice Maricela
attendait une opportunité pour aller lui parler, ce que
nous avons fait à la fin de son assiette. Il est disposé
à nous aider : faire une réunion avec la signature
de tous les comuneros, l’écrire sur le livre d’acte,
ensuite aller le voir, il facilitera nos transactions avec la
direction régionale de l’éducation.
Marisol la doctora, en colère, est partie sans manger,
Humberto n’ayant pas du tout fait allusion à la santé
dans son village.
La
fête, bien arrosée, a duré jusque tard dans
la nuit. L’orchestre payé pour jouer jusqu’à
minuit a fini sa prestation vers 4 heures du matin pour la plus
grande joie des jeunes du village.
Cela
fait maintenant 4 jours que le village est endormi, c’est-à-dire
que les tiendas sont fermés à 19h30 et qu’il
n’y a plus un chat dans l'unique rue à 20 heures.
*
* * *
Et
voici notre avancée depuis l’inauguration. L’association
Expressions-Partage immatricule les
40
élèves de l’école maternelle (10 soles
par enfant) pour que les choses avancent plus vite et que la jeune
institutrice soit rémunérée plus rapidement.
Elle offre tout le mobilier dont a besoin la nouvelle salle de
classe (tables et chaises pour les enfants, étagères
et bureau). Expressions-Partage va payer aussi l'opération
de Jimy PALOMINO,
9 ans, (tumeur du maxillaire supérieur) pour environ 1000
euros. Jusque là, Intipa Wawan payait toutes les radiographies
et médicaments de Jimy à l'hôpital des enfants
de Lima.
Je
me suis occupée de faire faire le plafond pendant notre
absence (nous partons demain pour la forêt amazonienne –
Iquitos – pour 10 jours). La peinture sera faite à
notre retour. Nous avons prévu une rentrée dans
la nouvelle école à la mi-avril. Tout sera montré
en film par Chantal.
Pendant
notre absence, 3 comuneros rémunérés par
Intipa Wawan sont en train de refaire les WC de l’auberge,
la peinture des chambres restantes et du nouveau petit restaurant
que nous allons vite agrémenter de tables, chaises, armoires
et fourneaux à notre retour.
Voilà
chers amis, le point sur nos actions au village. Je suis franchement
contente d’avoir une compagnie en ce moment avec moi. Nos
journées sont bien remplies. Chantal se refamiliarise avec
les villageois : Les enfants sont demandeurs de photos et il est
facile de filmer (peu de photos de la fete ont été
prises, tout s'est fait en video).
A
très bientôt
Geneviève