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Chers
amis bonjour,
Aujourd'hui
je vais vous parler de la très bonne journée que nous
avons passée dimanche 20 novembre, jour
de l'inauguration de la maison qui abrite la turbine
hydroélectrique.
Humberto , le président, qui cherchait
un parrain pouvant être utile au village, a trouvé
un journaliste d'une station de radio très connue dans Huancayo,
canal 15.50, mais lui avait dit que c'était pour l'inauguration
de la "mini centrale hydroélectrique". Quand il
est arrivé dans son beau 4/4 avec sa tenue de cow-boy, il
fut très déçu de voir que ce n'était
qu'une maison de briques au toit pas fini. (je crois même
que s'il avait su ce que c'était il ne serait pas venu –
futé notre président -).
Je vous
explique :
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Au Pérou
et en particulier dans les petits villages andins (ceci
n'a pas existé pour l'inauguration du poste
de santé et du comedor
qui ont été inaugurés une fois terminée
car c'est nous qui dirigions toute l'organisation de la
fête), l'inauguration se fait alors que les ouvriers
sont encore à travailler à monter l'étage
suivant, par exemple pour une inauguration du rez-de-chaussée.
Mais là, le travail devait être terminé
dans la journée. Donc au village, dimanche, 4ème
et dernier jour de faena (travail
obligatoire) pour les comuneros. La date d'inauguration
s'est décidée à la réunion dernière,
soit 8 jours avant le jour J.
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Vers
11 heures, je me suis rendue sur place pour annoncer la bonne surprise
du jour…la venue d'un orchestre de 14 musiciens et un repas
servi après la pose du toit. Les femmes travaillaient à
balayer le local pendant que les hommes étaient grimpés
sur le toit à la finition de la charpente, d'autres groupes
inactifs mâchaient la légendaire feuille de coca. Tous
les groupes étaient très surpris de l'annonce et parfois
"ah merci comme cela on va travailler avec plus de courage".
… Mais il manquait des pointes pour clouter la charpente (c'est
nous qui achetons le matériel, personne ne nous avait dit
d'acheter 10 kg supplémentaires de clous de 7 pulgadas. Donc
on a envoyé un "tonton" (les enfants appellent
tous les habitants "tío" (tonton), tía (tata)
acheté à Huancayo les clous manquants, sauf qu'il
n'y avait pas de voiture pour descendre et ensuite pas pour remonter
du village relais Vilcacoto, station incontournable
pour venir au village…
Claire
est arrivée entre-temps de ses cours de Huancayo vers
13 heures, nous avons pu nous habiller pour le commencement
de la cérémonie…
Nos premiers invités sont arrivés, il s'agissait
de nos amis de la "maison sacrée"
de Huancayo, berceau de la civilisation andine. Nous avons
pu faire apprécier notre seau de punch maison fait
avec amour avec … caña
(eau de vie), canelle, sucre, mangues et thé, hélas
ce délicieux breuvage ne fut pas apprécié
par tout le monde quand nous sommes passées avec dans
les rangs; la plupart des femmes nous boudaient ou parfois,
une plus hardie que les autres, se dévouait pour ses
copines à goûter ce breuvage insolite des Françaises.
Franchement, il ne fallait pas se vexer de ces refus. Pas
de problème avec les hommes qui volontiers s'engouffraient
cul sec le petit verre. |
Avec
le Président HUMBERTO |
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Nous nous croisions avec Eva, la surveillante en chef des travaux
finis, une charmante femme que nous adorons qui est appelée
"Gruesa" (Grasse) par le Président
car elle doit atteindre les 120 kg et qui offrait de son côté
de la caña pura (eau de vie pure). Franchement notre potion
magique était des plus douces au gosier, mais à voir
les femmes et les hommes qui buvaient cul sec, on aurait dit qu'on
leur donnait de l'alcool à 90°, il nous rendait le verre
avec un ahhhhh… et une grimace en prime qui en disait long
sur la descente éprouvée. Et nous, nous faisions la
même grimace avec le breuvage d'Eva. Plus nous avançons
dans le temps et plus nous voyons que les valeurs ne sont pas les
mêmes entre nos
2 cultures, tout comme le seuil de douleur dans les maladies, nous
ne rions pas non plus sur les mêmes critères, par exemple,
ils vont rire quand on pleurerait, et vice-versa, de quoi se vexer
de chaque côté.
Puis
la pluie est arrivée, une pluie battante de grêlons
qui a duré une large demi-heure et qui a un peu gâché
la fête. La plaque fut posée à même les
briques, une manta (jolie couverture multicolor)
pour en cacher l'inscription et une bouteille fut accrochée
en 2 temps 3 mouvements, à croire qu'ils en ont l'habitude.
Petits discours de part et d'autre, tout simples, sur le courage
de ces hommes et femmes, sur le village qui est en train de croître,
le parrain a offert des spots publicitaires au moment des fêtes
du village et des bonbons pour les enfants
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Puis
la plaque fut découverte par le parrain et la marraine,
Claire, sous un tonnerre d'applaudissements.
A notre grande surprise, nous vîmes nos 2 noms sur la
plaque. Un cadeau nous fut offert par le Président,
une jolie assiette en argent et velours pourpre avec "
le comité d'électrification d'Acopalca
remercie la señora Genovieve Hocquard et la señorita
Claire Blandinou – Intipa Wawan Francia 2005",
l'assiette chacune à notre nom, c'est vraiment une
délicate attention de la part de la junta
directiva (comité directeur) qui nous
a beaucoup émues. |
Humberto
nous avait demandé de faire un cadeau aux comuneros qui avaient
travaillé car il sait que nous rapportons toujours dans nos
valises des merveilles de France. 53 comuneros ont travaillé
aux 4 faenas, Eva nous avait donné les noms, ils ont reçu
un ti-shirt + un crayon, les 80 autres n'ont reçu qu'un crayon.
Humberto était d'accord sur le principe pour inciter les
gens à travailler pour leur village. Ceci avait été
décidé à la première faena car ce sont
toujours les mêmes qui travaillent et ils nous avaient fait
une réflexion.
Un
repas nous fut servi debout, les pieds dans la gadoue. Une
délicieuse soupe, puis une assiette pantagruélique
nous a été attribuée à chacune
de nous 2. Du délire !
Ensuite nous nous dirigeâmes au club en musique devancées
par les musiciens qui n'ont cessé de jouer de 13 h
à une heure du matin avec quelques pauses tout de même.
La
bière a coulé à flots, nous nous sommes
bien défoulées avec les gens du village et nos
autres amis de Huancayo montés plus tardivement. |
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On
danse avant la pluie... |
Aujourd'hui
mardi, le toit n'est toujours pas fini et la soirée est déjà
oubliée…
Bien
à vous
Geneviève
Vous verrez Claire sur vos écrans dans le prochain mail
sur une journee au poste de santé.
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