Intipa wawan 'Les Enfants du Soleil'
 





































La chocolatada du 24 décembre

La chocolatada
Noël au Pérou

Je me souviens de mon premier Noël (le seul) au village avec Claire, un gros inconnu pour moi, pour nous. Nous avions reçu un colis de France et nous nous délections à l’idée de nous faire un petit foie gras avec du pain toasté à la poêle.

A chaque instant, des villageois que l’on ne voyait quasiment jamais venaient taper à notre porte en soirée «qu’est-ce que vous mangez le soir du 24 en France ?», on explique, de la dinde (ici aussi mais seulement dans les familles riches de HYO), des huîtres (ils ne connaissent pas car ils sont de la montagne), etc… et à la fin c’était «t’as rien à nous offrir ?» - «et toi qu’est-ce que t’as à nous offrir ?».

Au dixième toc toc : « eh bien en France, on fête pas du tout Noël ! et on mange rien du tout non plus !» et vlan ! On a entendu les gens s’agiter dans la ruelle et dans l’hacienda toute la nuit mais on ne savait pas du tout ce qu’il s’y passait.

L’année dernière avec 6 amis français résidant au Pérou et rencontrés dans l’avion lors d’une mésaventure sur la ligne aérienne AIR MADRID - les difficultés ça crée des liens - on s’est tous retrouvés au village pour une huitaine. Le Noël s’est fêté à HYO dans l’appartement que l’on m’avait prêté. On avait fait un buffet du tonnerre, j’en salive encore, mais côté ambiance cela ressemblait plutôt à un soir de 31 décembre avec musique à tue tête et danses latino-américaines. Il y avait le gardien de l’immeuble que l’on avait invité aux environs de minuit pour lui faire partager et connaître les produits de France. La crise de rire quand on l’a vu manger notre foie gras comme du pâté ; on riait plus du tout quand on l’a vu s’acharner sur les toasts. Comme il avait une bonne descente et qu’il en redemandait, on l’a assommé avec le rhum et on l’a reconduit dans sa guérite pour qu’il y distille tranquillement sa fin de nuit.
La distribution de lait


Cette année, Noël se passe au village sous une autre forme. L’association de Charente Maritime, SPERAM, offre la chocolatada aux villageois + un pan 100 grammes. La semaine dernière, j’ai mis en route l’opération «crèche» et toutes les mamas ont répondu présentes. Je dois dire que c’est la première fois, avec les fleurs plantées la semaine dernière, que je vois autant de cœur à l’ouvrage pour une opération Intipa.

Mais c’est pour donner vie au village, elles en sont conscientes, ensuite nous offrirons au «club de mères» les santons pour recommencer l’opération l’année suivante, ceci après «la bajada del nino».

Je vous explique. La crèche va rester en place jusqu’à ce qu’on fasse une fête pour rentrer l’enfant Jésus dans sa boite, et c’est l’occasion d’une grande fête avec orchestre et c’est souvent vers la fin février.

Donc hier soir avec les mamas, nous avons préparé le chocolat de Cusco à la cannelle et aux épices aux environs de 22h à la cantine, veillé «el niño» emporté aux cuisines pour l’occasion tout en mastiquant la feuille de coca, tiré la cloche à 23 heures, reçu et servi les enfants les yeux remplis de sommeil, tirés du lit par leurs parents, fait une retraite aux flambeaux autour de la place centrale, et mis le petit Jésus dans la crèche à minuit avant d’aller se coucher. Nous étions peu, une bonne vingtaine à faire le tour du stade, les autres étant retournés se coucher dès la chocolatada passée. On a entendu les pétards toute la nuit.

Et ce matin, autre appel au haut parleur pour ceux qui ne sont pas venus la nuit dernière. C’est incroyable comme ils sont nombreux à avoir passé le Noël à la altura avec toute leur famille et à être descendus aujourd’hui vers 11h.

Voilà un Noël au Pérou, je crois qu’ils ne font pas trop cas de Noël le 24 décembre, allant se coucher de bonne heure pour se lever tôt le lendemain matin. C’est un jour comme les autres. En discutant autour du petit Jésus, nous avons su qu’ils se couchent à 19h en semaine et se lèvent à 3 heures du matin pour aller à la altura, certaines fois
leur choza est située à 3 heures de marche à pied, et même à cheval pour les plus éloignés du village.


LA CHOZA

Ce que nous avons trouvé magique, c’est que depuis la construction de la crèche, à la nuit aux environs de 18 heures et dès que les guirlandes scintillent accompagnées de musique de Noël, le parc ne désemplit pas de comuneros et d’enfants qui viennent voir la crèche naturelle. C’est super.

Depuis une semaine, c’est aussi le va et vient des congressistes, familles riches de Huancayo ou institutions qui montent en 4/4 ou en minibus porter des jouets aux enfants accompagnés de la chocolatada. La cloche sonne et c’est la cavalcade dans l’unique ruelle pour aller s’agglutiner autour des voitures.

Nada mas, pour ma part, j’ai passé un super Noël accompagnée de 2 petites Françaises de ma région, Brunelle et Chloé, venues s’imprégner des us et coutumes du bout du monde.

La chocolatada

Amicalement

Geneviève
 
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