La
suite...
Le 31 juillet
Bonjour
les amis,
Je
suis venue me voir à la maison, il est 18 heures et je danse
et bois des petits coups depuis 12H30 et suis je vous l'avoue un
peu lasse. J'ai l'air dans la glace de quelqu'un qui a bien vécu.
Quatrième jour de fête ça marque.
J'en
suis à ma troisième fête de Santiago.
2 hier et une aujourd'hui. Hier c'était super, la famille
de Wilmer, le jeune veuf du mois dernier.
J'ai assisté toute la soirée à la pose des
"cintas" aux oreilles du bétail, vaches, lamas
et chevaux. Franchement, c'est un beau cheptel que possède
la famille.
Avant
d'entrer en scène, ils font manger aux vaches des feuilles
de coca trempées dans de l'alcool. Ces feuilles de coca nous
ont été distribuées dans l'enclos auparavant,
nous mettons les plus belles de côté pour offrir aux
vaches. Après absorption, je ne vous dis pas les vaches désorientées
! la langue pendante, qui cherchent à s'échapper de
l'enclos, les lamas qui crient car ça leur fait mal et le
rodéo à cheval, là en ce qui concerne les chevaux
ce n'est que la pose d'un ruban en collier donc un peu moins barbare
!
Ceci
dure toute la soirée, d'abord les vaches, les lamas attendent
dans un enclos voisin. Les "cintas" des
lamas sont différentes de celles des vaches, eux ont soit
des pompons accrochés directement en boucles d'oreilles au
sommet de l'oreille, soit des pendentifs terminés par 2 ou
3 pompons, et comme ils ont le port altier, c'est de toute élégance…
La
famille élargie et les amis sont assis dans un coin de l'enclos,
d'autres dansent au son d'un violon, d'un tambourin et parfois d'une
drôle de longue corne ondulée. En allant faire un tour
dans la montagne que j'ai baptisé "montagne sacrée",
ce matin j'ai pu les voir aller chercher leur bétail dans
les hauteurs; ils sont montés en dansant en rang au son des
2 instruments et Roland suivait derrière avec son cor, de
temps à autre soufflait dedans, il en sortait un drôle
de son qui s'éternisait, et quand il s'arrêtait l'écho
avait déjà commencé à lui revenir. C'était
grandiose. Au retour, les chevaux suivaient le troupeau entouré
de qq cavaliers. Des fois, je me demande si je ne rêve pas.
A
la nuit je suis rentrée avec Laurent qui est venu me rejoindre
tard en soirée. Il s'est échappé sur HYO
aujourd'hui.
Aujourd'hui
31 juillet, moi je ne peux y échapper, c'est le Santiago
de la famille de Mamy Roulettes qui m'avait fait envoyer un faire-part.
Je ne suis pas allée à la veillée, mais suis
venue très tard en fin de matinée prétextant
que j'étais mal hier soir et ce matin. Ça les fait
rire de savoir qu'on a été "borracha" et
c'est bien vu. C'est la famille la plus riche du village je crois.
Il y avait un orchestre de 14 musiciens et 3 chanteuses sont venues
en soirée pousser leur petite chanson dans les aigus. Pour
l'occasion, j'avais mis ma belle jupe fleurie donnée par
Mamy roulettes le jour de l'inauguration de la posta de salud, et
un caleçon en laine dessous comme j'ai l'habitude de voir
ici, sauf que là, comme c'est une famille riche, toutes les
dames étaient très chics en collant sous la jupe.
J'avais l'air d'une grosse paysanne sortie de ma campagne. Tant
pis. "Asi es". J'avais aussi le chapeau noir avec les
fleurs qui vont avec le Santiago et la cape noire donnée
par les mamas du comedor. Une vraie Acopalquinienne la gringuita
!
C'était
autre chose qu'hier, car l'orchestre n'a pas cessé de jouer
durant la pose des "cintas" et nous de danser.
Les
personnes âgées "en état avancé"
sont entourées et posées délicatement par terre
pour "se reposer" jusqu'à une nouvelle émergence.
Les jeunes et moins jeunes excités, courent après
les vaches effarouchées qui évoluent entre les cercles
de danse et personne n'y fait attention, vraiment c'était
une belle fête qui s'est terminée tard dans la soirée
et que j'ai quitté vers 18 heures. Tout cela arrosé
avec un petit coup de bière, le coup suivant un petit verre
de torboyau préparé à la maison. J'ai compris
maintenant, c'est que tous les invités arrivent avec leur
cocktail détonnant, et c'est ce mélange qui tue puisqu'il
n'est jamais le même. Il y a aussi de la "caña
pura" (de l'eau de vie pure).
Ils
ont une endurance à l'alcool surprenante et un organisme
à toute épreuve. Nous non.
Je
crois que je pourrais vous rapporter une K7 car un caméraman
a filmé la fête.
Un
peu difficile tout de même ces fêtes à ACOPALCA.
MAIS J'AI LA PATATE.
Je
vais jouer l'absentéisme le prochain week-end car nous sommes
invités aussi pour le week-end suivant et suivant et suivant.
Revenons sur terre : Laurent a peaufiné le petit banc extérieur
en ciment brique réalisé par Louis à la sortie
de la maison. C'est-à-dire qu'hier, il a cassé une
tuile et fait une mosaïque avec du ciment pour la décoration.
Et ce soir en rentrant, je vois que la mosaïque a été
enlevée sur plusieurs facettes. Impossible de faire quelque
chose de minutieux dans ce village, il y a toujours de petits doigts
malicieux pour tout détériorer. Donc tout ce qui est
superflu n'est pas à faire.
Voilà
on apprend tous les jours à Acopalca.
A
très bientôt
Amicalement.
Geneviève
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