Août
2007
Chers
amis bonjour,
Comme
promis, voici la fabrication de la pomme de terre déshydratée
manière Acopalca.
Après la récolte des patates la 2ème semaine
de juin, on trie les plus petites qu’on va garder pour les
bonnes gelées nocturnes de juillet pour faire des «
chunos ».
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A 5h du matin sous un froid piquant, Amélia est venue me
chercher pour m’emmener près du rio, lieu de l’opération.
Cette année la récolte est mauvaise à cause
d’une nuit de gelée en février.
Anecdote : les 2 nuits suivantes furent l’occasion
de faire brûler dans diverses parties du village tout ce
qu’ils avaient sous la main : pneus en caoutchouc qui polluent,
chaussures usées, vieux vêtements, ceci pour éloigner
l’esprit des gelées. Je ne vous dis pas l’odeur,
nous qui sommes habituées à 3650 mètres à
respirer l’air pur. Comme on ne connaissait pas le motif
qui, paraît-il, avait été annoncé au
haut parleur dans la journée par le vice-président,
avec Claire on a fait une halte à la pollution à
grands renforts d’arguments !! et quand on a su l’objet,
on a rapporté aux jeunes à qui on avait fait éteindre
le feu, tout ce qu’on avait à brûler chez nous
(vieux journaux, revues françaises qu’ils lisaient
à la lueur du feu avant de les brûler, chiffons,
bois…). Pardon Acopalca, avec nos grandes mesures draconiennes
(qui n’étaient pas fausses), on en oublie aussi le
principal, les croyances du pays et la survie du village.
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Surplombant
le rio, les patates avaient été éparpillées
par ses soins la veille au soir et paraissaient comme des pierres
en les entrechoquant. Amélia les rassembla dans un grand
sac en plastique qu’elle a fermé, et se mit à
piétiner le sac, le tournant et le retournant tout en transpirant
à grosses gouttes. Le but étant de peler les patates
à l’intérieur du sac. Ca marche.
Les
2 sacs piétinés, nous sommes descendues au rio où
son père avait pris soin de lui apporter cette nuit de
la paille pour faire un nid aux petites patates qui seront consignés
dans l’eau 15 jours pour les uns et 21 jours pour les autres.
21
jours plus tard : elles sont sorties de l’eau, puis séchées
au soleil et seront ensuite consommées et commercialisées.
Mais elles dégagent une odeur....
A
ceux de France à qui je fais sentir les chunos qu’on
me donne, - « Qu’est-ce que c’est ? »
- « Je ne sais pas ? des crottes de lamas ?»
Il est vrai que j’ai toujours pensé qu’ils
piétinaient les patates pieds nus !!! mais c’est
le fait de séjourner dans l’eau un laps de temps
qui leur donne cette odeur repoussante.
Dans
la cuisine, elles n’ont aucun goût, ce qui n’est
pas leur avis, c’est succulent !
Je
trouve la cuisine péruvienne de plus en plus savoureuse
(mis à part le chuno), elle est pleine de couleur dans
l’assiette et très relevée.
A
très bientôt
Geneviève
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