Le
7 janvier 2006,
Quatre semaines se sont écoulées depuis que nous
avons arpenté le chemin chaotique qui mène au petit
village d'Acopalca.
Premier
jour : découverte enthousiaste du village ponctuée
des présentations aux "comuneros"
par Geneviève. De retour à la maison, le défilé
des enfants, ô combien nombreux, et qui savent que la "senorita
francesa" est de retour, nous permet de réaliser
qu'ici le planning familial n'est pas d'actualité : les
enfants naissent et se succèdent dans les familles, 4 étant
le minimum, 10 étant fréquent, 14 le maximum !
En
ce mois de décembre les célébrations ne manquent
pas et très vite nous comprenons qu'il faut avoir le foie
bien accroché et qu'ici l'alcool fait partie du quotidien,
jeunes, vieux, hommes ou femmes il faut boire !! L'intégration
à la communauté passe par là. Certains boivent
jusqu'à se perdre, ils s'écroulent dans un coin
de rue ou au pied de la Vierge à l'église ou finissent
par se battre entre amis. Les seuls qui échappent à
cette réalité sont évangélistes !
On
pourrait aussi parler du problème lié à la
condition des femmes, des enfants orphelins, de la santé
ou des difficiles années du "sentier lumineux"
mais un autre problème, moins palpable mais tout aussi
important, mérite une petite réflexion : l'identité
culturelle.
Il
n'y a pas si longtemps, ces gens avaient une identité culturelle
ancestrale basée sur la croyance en la "pachamama"
(terre mère) qui permettait de transmettre certaines règles
sociales de génération en génération
et de maintenir une certaine stabilité. Ces croyances respectables
passent pour ringardes aujourd'hui, du coup on en oublie de respecter
la nature qui n'est autre que l'essence de la vie. Ce problème
n'est pas propre à Acopalca, mais on croyait qu'ici, dans
les Andes, à 3650 mètres d'altitude les gens étaient
un peu préservés ! Hélas non !
Dans
ce contexte, la vie de ces gens, pour la plupart pauvres, est
bien difficile et le changement ne peut se faire sans un changement
de mentalités. Pour cela, il faut de la patience et de
la persévérance et les habitants d'Acopalca ont
de la chance d'être accompagnés par Geneviève
qui possède ces qualités et qui les soutient et
les supporte.
Geneviève,
Acopalca a besoin de toi, la Vendée attendra !
Irène
et François