Intipa wawan 'Les Enfants du Soleil'
 

 



























Chers amis d’INTIPA WAWAN,


Ce n’est désormais plus un secret, mon retour en France est prévu pour fin août. Il est loin le 1er avril 2004 où j’atterrissais au Pérou pour faire un projet humanitaire et rendre service dans le petit village d'Acopalca pendant un an. Après avoir compris peu à peu leur histoire, j’ai eu envie de redonner vie à ce village. Je crois que nous avons en partie atteint ce but.
J’ai demandé ma réintégration à mon employeur. Deux raisons à cela :
1- Le bénévolat a ses limites et je les ai atteintes.
2 -Il est bon de voir la réaction du village à mon départ. Après avoir été sceptiques, les habitants veulent savoir si je vais revenir ou si quelqu’un va venir à ma place et si nous allons continuer de les aider en particulier par le parrainage.

Tout d’abord, permettez-moi de vous donner quelques renseignements sur les œuvres en cours et de dresser un bilan rapide de nos réalisations.

L’aménagement de la maison de l’artisanat : Prévu en 2008, c’est une suite logique de l’achat des 3 métiers à tisser. J’ai commis l’erreur de laisser entreposer les trois machines dans un local insalubre qui sert en même temps d’entrepôt de matériel du village. Aussi la direction communale qui détient la clé ne veut pas laisser les comuneros aller librement dans ce local. Nous avions prévu ensuite la conversion de l’ancienne école maternelle en local artisanal, mais l’opération s’est avérée trop chère car il fallait en réalité, compte tenu de la vétusté du local, reconstruire totalement le bâtiment et nous n’avions pas les fonds pour une telle opération. Ça m’a vraiment posé un cas de conscience ce local !
Pour répondre à la demande de 2 mamas désireuses de tisser, nous avons décidé avec Humberto, le président du village, de créer ce local artisanal dans la partie de l’hacienda que nous sommes en train de rénover.
Nous allons donc y positionner deux métiers à tisser, le troisième a été acheté par une famille pour son usage personnel.
En attendant les Acopalquinas continuent de filer la laine au coin de la ruelle et de la vendre à HYO.
Donc tout n’est pas perdu pour le local artisanal et le projet initial. Il y a du retard comme toujours au Pérou.

Le restaurant et l’auberge : Pour l’instant le restaurant ne fonctionne pas à la suite de l’incident avec Odelia durant les fêtes pascales, mais le comité de l’auberge se remet doucement sur les rails. Walter, l’administrateur, vient de passer un contrat avec une nouvelle agence de voyages. Il loue ses chevaux aux touristes et leur propose de passer la nuit à l’hôtel, avec restauration bien évidemment.
Il y a une huitaine est monté un couple d’artistes de HYO envoyé par une journaliste en train de sortir un article sur Intipa, Walter et l’auberge. Ces artistes recherchaient le silence et un dépaysement, ce qu’ils ont trouvés.
Un professeur d’université est monté à moto pour me rencontrer et visiter le restaurant. Il a l’intention d’y amener ses élèves, futurs anthropologues). Nous avons hébergé deux Américains venus acheter 2 chevaux au village pour réaliser un rêve un peu fou, rallier Huancayo à Lima à cheval par les montagnes !

Ce qui marche pour le moment, c’est le «bouche à oreilles».

Si des visiteurs français, au vu des travaux de l'auberge et du restaurant, ont été frappés du décalage entre la qualité de la prestation faite et le niveau de vie des Péruviens du village, sachez qu’aux temps prospères du village, il y avait dans l’hacienda un hôtel 3 étoiles. Sur les photos que l’on m’a montrées se remarquent des Américains et des Hollandais venus acheter la laine pour leur pays. Les comuneros ont déjà vu et savent aussi ce qui se fait dans le genre à HYO. Ce n’est pas décalé du tout.

Je pense que cette auberge a un avenir dans le tourisme solidaire ou « vivencial » comme ils disent. Cette activité génère du travail pour les plus pauvres : des mamas lavent les draps, nettoient les chambres, font et feront la cuisine. Ces mamas (souvent des familles les plus pauvres) sont payées. L’opération avait super bien fonctionné jusqu’à la semaine sainte. Maintenant elle se relance.

Ici il faut du temps pour faire les choses. IL FAUT DONNER DU TEMPS AU TEMPS. Nous ne sommes pas en France où aussitôt dit aussitôt fait. Pensez qu’ici la réalité est tout autre et que c’est un autre mode de fonctionnement.

La rénovation de la 2nde partie de l’hacienda : Cette réalisation peut apparaître, pour certains d’entre vous, ne rien à voir avec l’enfance et la santé. Mais pour Claire, Marisol et moi qui sommes sur le terrain, la réfaction de l’hacienda est une excellente chose.

Dans cette seconde partie, il est prévu de faire un centre vidéo-culturel pour les enfants du primaire et la salle de tissage artisanal avec les 2 machines restantes. Ces deux affectations ont été décidées par le président de village. Marisol est ravie car dans la première pièce elle pourra aussi donner ses cours sur la planification avec les mamas et vous verrez qu’au final nous n’aurons pas beaucoup dévié du projet initial et que nous aurons même fait beaucoup mieux. La rénovation de l’hacienda est liée à l’avenir du village, des familles et des enfants et redonne la fierté à ce village au passé douloureux.

D’ailleurs, lors des marchés du mardi et du vendredi les gens de HYO montent acheter fromages, moutons ou laine filée ou brute après une tonte de moutons, lamas ou alpagas. Les mamas cuisinent sur la place du village et sont contentes de vendre leurs repas (le restaurant n’a jamais fonctionné ces jours-là pour ne pas faire concurrence aux mamas qui font à manger ; le restaurant est seulement pour la partie touristique, pour les réunions mensuelles et les fêtes).

Le poste de santé : c’est le point qui me tient le plus à cœur car c’est le projet initial. Pour l’instant nous n’avons toujours pas de docteur payé par l’Etat péruvien. Le Directeur Régional de la santé vient de changer une nouvelle fois en début d’année (la 3ème en 4 ans), encore une fois il nous faut refaire les démarches pour la reconnaissance du poste de santé. Mais notre visite de la semaine dernière nous donne lieu à penser que nous allons atteindre notre but.


Le parrainage : la totalité des fonds récoltés dans ce but est versée ce mois-ci. Verser 10000 soles (2500 euros) en 2 mois (mois de mars et avril pour la rentrée des classes) est impossible. Et quand il y a beaucoup d’argent pour la même famille et selon la famille (soit pour le même enfant ou 3 ou 4 enfants parrainés de la même famille), il faut le donner avec parcimonie et judicieusement. Mais sachez que cette action aide beaucoup les familles.

Quel bilan pour les enfants du village ? Le parrainage, la santé, l’éducation.

Le parrainage : 155 enfants bénéficient de ce système, qui nous a permis de redistribuer 35.500 soles ou 8.900 euros depuis la mise en route 2005.

La santé : Il y a eu la rénovation du Poste de Santé totalement délabré, premier gros investissement (l’association EXPRESSIONS-PARTAGE fut la première à nous soutenir financièrement ainsi que le conseil général de la Vendée). La venue de Marisol « la doctora » a permis de supprimer les décès d’enfants en bas âge, de sauver d’infections graves un certain nombre de mamas, de soigner les petits bobos habituels de la vie qui parfois ne sont pas bénins.
Nous avons appareillé de lunettes certains enfants quand l’institutrice ou les parents venaient nous signaler leur trouble de vision.
Nous avons permis la distribution d’eau potable en finançant l’adduction d’eau à partir d’une source en montagne, car jusqu’alors l’eau était puisée dan le rio, plus ou moins pollué par le bétail en amont.
L’éducation : La construction de l’école maternelle reste notre plus gros chantier (une partie du financement vient de l’A° EXPRESSIONS-PARTAGE – du conseil général de la Vendée et du conseil régional des Pays de la Loire). Et grâce à l’association SPERAM, nous avons pu distribuer des livres et fournitures scolaires, des instruments de musique, un ordinateur pour les maîtres de l’école primaire, et cette année les enfants font des voyages éducatifs et nous payons aussi une personne qui fait du soutien scolaire les après-midis.

les enfants

Assurer la pérennité d’Intipa Wawan au Pérou : Claire et Marisol seront les représentantes de l’association.

Claire montera le week-end. Son passage de 18 mois au village a été remarquable et plus que bénéfique pour l’intégration d’Intipa Wawan dans la communauté. Elle a conquis les enfants, les parents et tous les comuneros. Mariée en 2007 à un Péruvien, Ernesto, sa vie est maintenant au Pérou. Cette brillante jeune femme est depuis janvier dernier directrice de l’Alliance Française récemment créée à Huancayo. Nous pouvons compter sur elle.

Depuis un an Marisol a pris le relais. Elle est devenue un personnage important du village par son charisme, son dévouement et sa compétence. C’est une personne incontournable de par sa profession et de par sa connaissance des rouages administratifs et des pratiques péruviennes. Elle a su prendre à cœur les finalités d’Intipa.
Venue en mai 2006 à Acopalca avec un contrat de l’Etat (elle devait donner un an gratuitement à l’Etat à la sortie de ses études), elle est payée par Intipa Wawan depuis mai 2007. Nous sommes en relations étroites avec le Ministère de la Santé pour qu’elle obtienne définitivement le poste d’Acopalca et que sa rémunération soit prise en compte par l’Etat et nous savons depuis peu qu’il nous faudra faire face pendant un an et demi pour sa rémunération.

Intipa Wawan n’aurait pas fait autant de choses au village sans leur concours. Elles sont toutes les 2 amoureuses du village, de ses paysages et de la qualité de l’air qu’on y respire.

Claire et Marisol vont assurer le suivi d’Intipa Wawan sur le terrain en matière d’éducation et de santé, Claire et Ernesto faisant en plus l’interface entre la France et les comuneros car ils vont aussi résider les week-ends dans l’habitation que j’occupe actuellement.

Je crois qu’il est bon de voir comment le village va évoluer en mon absence. Les comuneros savent que je pars et que je reviendrai un jour en visite (plus ou moins longue). Déjà ils espèrent tous le retour non pas de Genoveva, mais de la Genoveva d’INTIPA WAWAN.


Le programme pour la suite :

1 – le bureau d’Intipa Wawan en France est en pleine élaboration d’un superbe calendrier 2009 dont la vente servira à payer Marisol en 2009 et peut-être répondre aux demandes de projets élaborés par les autorités du village, sachant que les candidats à la présidence de la communauté (un nouveau président sera élu en décembre prochain pour 2 ans) espèrent tous qu’Intipa les aidera financièrement dans un de leurs projets.
2 – le bureau prépare les fêtes de Noël à La Roche sur Yon qui auront pour thème le Pérou, avec une vente d’artisanat péruvien qui devrait nous permettre d’arrondir la trésorerie de l’association.
3 – Nous allons relancer les parrains début 2009 pour que la distribution des fonds continue, assurée par Claire, car cette action reste d’un grand secours pour les parents au moment de la rentrée des classes en mars.
4 – une adhérente d’Intipa Wawan, de Paris, a écrit un joli conte andin, que j’ai fait illustrer par un peintre connu et reconnu du département et au niveau national. Ce magnifique conte « PICAFLOR ET LE PETIT INDIEN » sera édité en 2009 pour financer la suite de nos projets.

Amis d’INTIPA WAWAN, je tiens à vous remercier de votre participation active quelle qu’elle soit, votre aide tant spirituelle que matérielle. Grâce à vous, à votre passage au village, à votre action en France dans l’organisation des manifestations spontanées, le suivi administratif de l’association ou la gestion du site internet à Colmar, mais grâce aussi au parrainage, à votre écoute et à vos nombreux courriers, ACOPALCA A RETROUVE SON AME.

Les comuneros d’ACOPALCA savent tous que nous leur avons donné notre énergie, notre sueur, notre temps, notre argent, mais aussi beaucoup d’amour. Ce que nous avons fait est incommensurable, OUI, nous avons soulevé des montagnes.

Mais INTIPA WAWAN ne s’arrête pas là, nous allons continuer d’aider le village sous une autre forme, en essayant de les rendre un peu plus responsables

Merci à vous tous amis d’INTIPA WAWAN de continuer à aider ce petit village d’Acopalca.

Bien amicalement
Geneviève


P.S. Je continuerai à vous envoyer des courriers pour vous informer de la vie au village, mais toutefois moins fréquemment.


 
Retour page d'accueil