Intipa wawan 'Les Enfants du Soleil'
 






















Juin 2006

Le ramassage de la patate

Tous les ans le ramassage de la patate est déterminé d’après la lune et ordonné par le Président du village, et c’est pour toutes les familles pareilles. Cela dure une semaine environ.
Les comuneros partent tôt le matin, les enfants ne vont pas à l’école allant aux champs aider les parents. Toute la famille est mobilisée.

Pratiquement tous les champs se trouvent sur le même côté du vallon, là-haut sur la colline.

Tous les midis, c’est le même rituel, celui de manger la pachamanca, spécialité de Huancayo. Il s’agit de faire cuire une pièce de mouton, ou du poulet pour les moins riches, sur des grosses pierres déjà chauffées et brûlantes dans un trou creusé à cet effet, à cela l’on ajoute les patates ramassées le moment même, puis des herbes ; l’on recouvre d’une bâche plastique, de la terre et aucune fumée ne doit sortir du tas de terre visible durant 45 minutes…c’est cuit.
Et c’est vraiment délicieux, pas un bruit dans cette montagne aux pourtours arrondis, que le silence de cette immensité qui nous remplit de bonheur !

Ensuite c’est le rituel de la feuille de coca. Le premier se retire digérer dans un coin du champ, suivi par les autres en mastiquant religieusement cette feuille aux vertus digestives, curatives, fortifiantes, qui va leur donner une énergie nouvelle pour la seconde partie de la journée.
Peu de conversation, on est dans ses pensées. Parfois, on me pose des questions; « est-ce qu’il y a des montagnes comme ça dans ton pays », « et ça existe le ramassage des patates ».

Puis tard en début d’après-midi, les sacs en plastique solide noir sont remplis de patates du même calibre, cousus et chargés sur les dos des lamas habillés pour l’occasion, ou des chevaux qui chargent plus, jusqu’à 60 kg. Et c’est un défilé incessant de lamas dans le village averti par les clochettes tintinnabulantes.

Les lamas sont délestés de leur charge et repartent pour un autre voyage.

Je suis revenue avec, sur le dos, mon petit sac de patates donné par la famille, me sentant libre et heureuse dans cette infinie montagne, émerveillée du paysage qui m’était offert et me disant « la beauté n’a pas de frontières ».

Les patates seront vendues à Huancayo un sol le kilo, soit 0,25 centimes d’euros. Cette année, la récolte est maigre en rapport avec la nuit de forte gelée de février qui a brûlé les légumes. Les nuits suivant cette catastrophe, tous les comuneros faisaient brûler des pneus, vieilles chaussures ou tout ce qui pouvait être brûlé pour éloigner le mauvais sort qui s’était abattu sur la commune ;

A bientôt pour vous parler de la manière dont ils font la patate déshydratée ou le chuno….

Cuidados mucho

Geneviève


 
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