Mai
2008 - La fête du village |
Les
3 et 4 mai sont pour le village l’occasion de se mettre en
compétition sur différentes activités avec
le village voisin de Huari.
Les
hauts parleurs hurlent toute la semaine pour annoncer les différents
concours pour les inscriptions et aussi pour inciter les comuneros
à repeindre leur maison. Ceux de la ruelle principale se
sont exécutés, mais peindre la partie supérieure
verte après la partie inférieure bordeaux ça
fait des couleurs ! Qu’importe. L’essentiel est de redonner
un petit coup de neuf. La couleur est libre et donne parfois lieu
à un patchwork de couleurs naturelles, cette année
le village a plutôt donné dans le vert.
Tous les drapeaux nationaux sont sortis. Rouge Blanc Rouge.
Une
palme spéciale pour l’orchestre «LES
INCOMPARABLES DEL PERU» qui a joué le 3
mai de midi à 2 heures du matin sans discontinuer. Ils
ont joué incomparablement le samedi et le dimanche. Bravo
Messieurs les musiciens car ils ont été sollicités
pour tout, pendant le match de foot, pendant la course de chevaux
de l’autre côté du Rio, pendant la présentation
des danses des écoles, pendant le cortamonté et
le jala pato et enfin pour le bal "jusqu’aux ultimes
conséquences" rajoute toujours l’animateur lors
de la présentation du programme.
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Cette
année pas de marathon : monter en courant les 8 km de Chemiseria
à Acopalca en courant, pas de course non
plus de celui qui montera le plus vite au sommet de la montagne
très raide jouxtant l’hacienda, mais une course d’endurance
avec un prix spécial pour "ces chevaux de résistance":
selle en cuir avec les étriers, sangle (achetée
par Intipa sollicitée par le président du village).
Le voisin qui est venu la choisir avec moi a gagné la course.
8 concurrents (dont 2 femmes) à 7 heures du matin sont
descendus à Chemiseria avec leur cheval
pour parcourir en 20 minutes les 8 kms de montée au galop.
Les participants sont arrivés échelonnés.
Seul le vainqueur et le cheval monté par Yoël, l’orphelin,
sont arrivés transpirant à la cravache. Les réflexions
des comuneros vont bon train. "le ha matado, no es asi"
(il l’a tué, c’est pas comme ça),
le concurrent suivant avait remplacé la cravache péruvienne
par son bonnet en laine d’alpaga ce qui apparemment leur
a beaucoup plu dans l’élégance de concourir.
Les 2 femmes ont monté en jupe.
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Comme
on n’avait pas de 2ème prix, les organisateurs ont décidé
de donner les étriers au second, la courroie au 3ème
et la sangle au 4ème avec toujours un tee-shirt qui me reste
dans mes bagages des 4 années passées au village et
apportés par les Français.
Les
2 écoles primaire et maternelle ont fait danser leurs petits
élèves, tout colorés pour l’occasion.
Grand casse tête pour louer les costumes et payer le professeur
de danse pour les écoles qui n’ont pas de réserve,
donc 3 soles à la charge des parents et 5 soles donnés
par Intipa pour chaque costumé (fonds donnés par l’association
SPERAM de France pour l’éducation
des enfants du village).
Puis
le cortamonté : c’est une
coutume de la région de couper un arbre que l’on va
charger de cadeaux. Ça se vend à Huancayo prêt
à l’emploi. Il s’agit de bassines en plastique,
pichets, ballons gonflables ... L’arbre est réimplanté
sur la place du village. Les comuneros tournent autour de l’arbre
en dansant par rangées de 2 ou 3 et chacun doit donner quelques
coups de hache, et celui qui donne le coup fatal sera le parrain
de l’année suivante et sera chargé d’acheter
la décoration. A chacun des porteurs de coups leur ai donné
un coup à boire. Lorsque l’arbre tombe, tous les enfants
et les jeunes se ruent sur l’arbre pour attraper son cadeau.
Le
jala pato : c’est une coutume que je qualifierai
de barbare et que je ne pouvais pas regarder encore l’année
dernière. Sur 2 poteaux plantés perpendiculairement
au sol est adjointe assez haute une poutre transversale sur laquelle
sera attaché un canard pendu par les 2 pattes. Le jeu consiste
pour le cavalier à cheval à passer en galopant sous
le poteau et tirer sur le cou du canard pour en remporter la tête.
Cette année 5 chevaux ont participé. Tout cela au
son de la musique de l’orchestre. Je dois m’endurcir
car cette année cela ne m’a rien fait du tout.
Le
groupe folklorique MILLAY SHALLAY a dansé
encore mieux que les autres fois, ce qui a fait dire à mes
amis invités de Huancayo "D’où le village
les a-t-il fait venir ?". Dommage qu’ils n’ont
pas d’impresario pour aller défendre les couleurs des
Andes dans tout le Pérou et à l’étranger.
Je vous assure qu’ils sont brillants dans leur démonstration.
Cette année ils ont encore remporté différents
concours dans la vallée de Mantaro.
2
chanteuses ont occupé la scène en fin de soirée,
dont Ruth notre Acopalquina de 17 ans qui a beaucoup d’avenir
dans ce domaine.
Pendant
ces 2 jours chaque quartier était chargé de faire
à manger pour son quartier, les autorités et ses invités.
Tout s’est passé dans la joie et la bonne humeur.
Bonne
communication et coordination des 4 quartiers, de la junta directiva
et de Marisol qui est maintenant une autorité incontournable
du village.
La
prochaine fête sera le 27 et 28 juillet, journées patriotiques
(le Pérou a gagné son indépendance le 27 juillet
1821).
Amicalement
Geneviève
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